Passagères de nuit : roman
Passagères de nuit : roman
- Auteur :
- Est le type d'oeuvre de
-
Littérature
- Résumé
-
Gamins, ils étaient tous les trois inséparables, Layla, Elias et le narrateur de ce monologue, qui, à peine adolescent au début des années 1990, rêve du jour où il connaîtra assez de jolis mots pour convaincre Layla, dont il est fou amoureux, de quitter le quartier avec lui. Il étouffe dans l'appartement où il vit seul avec sa mère, sa boiterie, sa tristesse, il ne veut pas en connaître les raisons. Ses propres accès de violence, sa mauvaise graine, comme il la nomme, il tente de les maîtriser en fumant des joints avec son copain Elias ou en se réfugiant dans les pages du dictionnaire. Pas question pour autant de sortir du lot à l'école, il ne fait pas bon à se faire remarquer à traîner avec les fayots. Comme tous les gosses du quartier, il guette pour les dealers, malgré le seul choix que lui laisse sa mère, réussir sa vie. Elle n'a que lui, lui cuisine des galettes à l'huile et au thym comme au pays, alors qu'elle est bretonne. Tout est posé dès l'entrée de cette magnifique plongée dans la psyché de ce très jeune homme, qui sait bien d'où il vient, mais ne veut rien connaître de son géniteur, l'homme qui, treize ans après l'avoir quittée, fait encore pleurer sa mère. Les années passant, rien ne change, mais tout devient plus compliqué, plus douloureux aussi. Layla est surveillé de près par son frère, son éternel amoureux n'ose toujours pas lui adresser la parole, et Elias, une nuit où les deux compères écoutent de la musique, annonce qu'il arrête de fumer, il s'est converti. Le fantôme du père devient alors de plus en plus présent, au point qu'un soir, après qu'Elias lui a dit que leur musique était notre narrateur décide sur un coup de tête de partir à Beyrouth. Sur l'autre rive, il vit une intense parenthèse chez sa vieille logeuse, Mme Hind, avec qui il découvre que la ville et le pays sont eux aussi peuplés de fantômes. La lumière de la Méditerranée, il ne pourra plus s'en passer. Après son retour en France, il trouvera même le courage de prendre la route vers le Sud avec Layla et d'y vivre un temps son rêve avec elle. S'il nous dit combien il est difficile d'échapper à la malédiction des origines, le très beau nouveau roman de Dima Abdallah, sombre et lumineux à la fois, écrit avec une grâce particulière l'histoire simple d'une poignée de personnages en marge, jouets de leur destin, qui, chacun à sa façon, tente de trouver une issue, ils étaient tous les trois inséparables, Layla, Elias et le narrateur de ce monologue, qui, à peine adolescent au début des années 1990, rêve du jour où il connaîtra assez de jolis mots pour convaincre Layla, dont il est fou amoureux, de quitter le quartier avec lui. Il étouffe dans l'appartement où il vit seul avec sa mère, sa boiterie, sa tristesse, il ne veut pas en connaître les raisons. Ses propres accès de violence, sa mauvaise graine, comme il la nomme, il tente de les maîtriser en fumant des joints avec son copain Elias ou en se réfugiant dans les pages du dictionnaire. Pas question pour autant de sortir du lot à l'école, il ne fait pas bon à se faire remarquer à traîner avec les fayots.
- Type de support matériel
-
Livre
- Editeur
-
Sabine Wespieser éditeur
2025
Autres formats et éditions
-
- Type de support matériel
-
Ressource numérique
-- Editeur
-
Sabine Wespieser éditeur
28/08/2025
-
- Langue originale :
-
Français
-
- Auteur :
-
- Langue du document :
-
Français
-
- Dimensions :
-
19 cm
-
- Importance matérielle :
-
1 vol. (223 p.)
-
- Notes :
-
Glossaire
Résumé
Passagères de nuit. Toujours avancer sans se retourner, c'est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché au chaos de son quotidien à Port-au-Prince.
Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n'a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d'un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d'Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l'avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n'a plus jamais accepté de se soumettre au désir d'un homme. Confiante dans la force qu'elle a tôt transmise à sa petite-fille en l'invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n'hésite pas à couvrir sa fuite : Elizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d'un homme qui traverse la ville en libérateur.
En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C'est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d'émancipation.
Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l'autre « une semblable, une soeur échappée à la rudesse des conventions », la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l'histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance.
Biographie de l'auteur
Lauréate du prix Femina 2014 pour Bain de lune, titulaire de la chaire des Mondes francophones au Collège de France en 2019, Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti, où elle vit aujourd'hui encore. Son oeuvre, traduite dans de nombreux pays, est publiée par Sabine Wespieser éditeur.